Le fauteuil dentaire de la Dre Sarah Gagné prend toutes les formes : de la chaise berçante, au fauteuil inclinable, au fauteuil roulant, à la chaise pliante ou au lit d’hôpital. Selon le jour, sa clinique peut se trouver dans une cuisine, un salon ou une chambre d’un centre de soins de longue durée. « Mes patients sont toujours très confortables, dit-elle. Moi, un peu moins. »

La clinique ambulante de la Dre Gagné s’occupe des aînés et des personnes à mobilité réduite. Elle et son assistante transportent tout le matériel – y compris un compresseur, un appareil de succion et un amalgamateur – dans une fourgonnette avec le lettrage « Clinique dentaire mobile » en bleu et argent sur les portières pour aller voir des patients partout dans la région métropolitaine de Québec.

Sa journée commence à 8 h 15, mais elle n’a rien de routinier. Chaque consultation est unique. « Chaque fois que j’entre dans une chambre, je ne sais jamais à quoi m’attendre, explique-t-elle. Parfois, les patients sont atteints de la maladie d’Alzheimer, de démence ou de Parkinson. Certains ne parlent pas du tout. D’autres racontent leurs souvenirs anciens. »

La Dre Gagné voit souvent des problèmes cliniques complexes chez ses patients. En plus de soigner des caries, des ulcères buccaux, des infections du tissu radiculaire, des obturations dégradées et de la chéilite angulaire ulcéreuse, elle doit parfois remplacer ou réparer « des prothèses tellement mal ajustées que même sourire est impossible », dit-elle. Elle s’occupe aussi de nettoyage dentaire, de prothèses, d’obturations, de couronnes et de ponts, ainsi que d’abcès dentaires et gingivaux.

Quand elle va dans un centre de soins de longue durée, elle essaie de voir le plus grand nombre de patients possible en fixant des rendez-vous un à la suite de l’autre. Aussi, elle fait de la formation sur l’hygiène buccodentaire pour les aînés auprès du personnel de ces centres.
La Dre Gagné croit que la dentisterie gériatrique est une vocation; ce n’est pas pour tout le monde, il faut avoir une vraie passion. Pour elle, il est très gratifiant de savoir qu’elle peut considérablement améliorer la qualité de vie des patients. « Je peux mettre fin à la torture d’une dent cassée qui lacère la langue ou guérir une fièvre persistante chez un patient incapable de s’exprimer », explique-t-elle.

Ses débuts

La Dre Gagné a obtenu un diplôme en médecine dentaire de l’Université Laval en 2005 et elle a exercé la médecine dentaire générale pendant neuf ans, en étant propriétaire de son cabinet pendant sept ans. Elle a remarqué combien il était difficile pour les aînés de se déplacer à son cabinet. Souvent, les enfants adultes devaient jongler avec leur charge professionnelle, l’horaire des centres de soins de longue durée où habitaient leurs parents et les heures d’ouverture du cabinet. « C’était particulièrement difficile en hiver quand les aînés ne voulaient pas sortir à cause du mauvais temps », précise-t-elle.

Elle a vendu son cabinet et s’est lancée en dentisterie gériatrique. Elle avait fait l’expérience d’une clinique dentaire mobile à l’Université Laval, qui, à l’époque, était la seule dans la région de Québec. En lançant sa propre clinique mobile en 2014, elle voulait que les familles l’appellent et prennent rendez-vous pour qu’elle aille chez les patients. Sa clinique facture les mêmes tarifs que les autres dentistes et un léger supplément pour les frais de transport.
Durant sa première année, elle s’est rendue à 70 centres de soins de longue durée et a vu 500 patients chez eux. Depuis, sa clinique n’a cessé de croître.

Les besoins des aînés

Chez les aînés dont les capacités physiques ou cognitives diminuent, il est souvent difficile de maintenir une bonne hygiène dentaire. Or, la santé buccodentaire est importante pour la santé en général, mais elle est souvent négligée, tant par les patients que les personnes soignantes, s’il y a d’autres ennuis de santé.
Selon la Dre Gagné, il est important d’être à l’affût des infections et de la douleur. « On sait que la douleur chronique cause la dépression et l’anxiété et accentue les risques de délirium et d’agitation », précise-t-elle.

Elle sait combien il est difficile de traiter une personne atteinte de démence ou d’Alzheimer. « Même le brossage des dents est très difficile. » Selon elle, les visites chez le dentiste devraient augmenter à partir de 75 ans, alors que souvent elles diminuent. Elle demande aux personnes soignantes et aux autres professionnels de la santé d’encourager et de faciliter l’hygiène dentaire quotidienne et les soins buccodentaires professionnels pour les aînés.

Y a-t-il un retour des visites à domicile?

Autrefois, les médecins faisaient couramment des visites à domicile avant que les hôpitaux deviennent le principal lieu des soins médicaux. Certains prédisent que, vu le vieillissement de la population, ces visites pourraient redevenir courantes dans un proche avenir.

La Dre Gagné aime ses journées de travail nomades. « On bouge toujours. C’est dynamique et ça me convient bien. Aller à la rencontre des patients chez eux me permet d’apprendre à les connaître. Ce genre de travail comporte un beau côté humain », souligne-t-elle.

 

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